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Ci dessus: Portrait de Jacques Annibal Claret de La Tourrette, par J. E. Liotard. Pastel, (collection privée.), |
Agathe de Fleurieu, née de Dortans et de Pusignan, femme de Jacques-Annibal
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Jacques Annibal CLARET de La TOURRETTE ( 1692- 1776) dit Président de FLEURIEU
ll fut le premier « Fleurieu », la famille Claret en effet il choisit d'ajouter "FLEURIEU" à CLARET de La TOURRETTE le 10 Novembre 1756 car nous possédions le château de Bélair sur la commune de FLEURIEU.
Il est le fils de Jacques Claude CLARET (1656-1741), lui aussi académicien, président
de la cour des monnaies, dit 'le président de La Tourrette.
Il épouse Agathe de Dortans et de Pusignans le 12 Décembre 1722.
Agahe est décédée en 1756.
Il est le père de Charles-Pierre CLARET de FLEURIEU et du botaniste Marc-Antoine-louis CLARET de La TOURRETTE
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Né le 12 mai 1692 et baptisé en l'église de Saint-Pierre le 28 mai de la même année, il fut le premier Fleurieu, et le premier de la famille à avoir effectué une carrière aussi brillante.
Reçu à l'âge de 24 ans à l'Académie de Lyon en 1716, il est nommé secrétaire perpétuel en 1736 pour la classe des Belles-Lettres, jusqu'a sa mort. Le 12 janvier 1740 il dût être temporairement remplacé par M de Gratigny, à l'académie, car son poste de prévôt des marchands lui prenait du temps. Mais Jacques Annibal assistait assidûment aux exercices académiques, et n'oublia, dans aucun genre, les intérêts de la compagnie des belles lettres.
Conseiller du roi en ses conseils, il est pourvu président en la cour des monnaies[1] le 14 avril 1718 et rejoint son poste le 8 août 1718 ( à 26 ans), à la place de son père. Il fut nommé président honoraire le 8 février 1741.
Mais revenons à sa carrière. Il fut lieutenant général criminel.[2] en sénéchaussée[3] et présidial de Lyon en 1739 ainsi que trois fois prévôt des marchands[4], de 1740 à 1746.
De nombreux jetons consulaires[5] témoignent de ses fonctions, ils furent frappés sous sa direction. (voir image ci dessous). Il fit part à l'académie de l'augmentation de l'émission des jetons consulaires, qui passèrent de 150 par années à 250 le 6 décembre 1740.
Sa plus haute fonction fut atteinte en étant commandant pour le roi en la ville de Lyon de 1740 à 1750, en l'absence des gouverneurs de la ville. Il était donc le magistrat le plus important de la ville de Lyon, particulièrement en l'absence du gouverneur, c'est à dire la plupart du temps.
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Jetons consulaires de Jacques Annibal | blason des Fleurieu, rue de la Juiverie (vieux Lyon). |
Il était chargé en autres durant ses fonctions de la direction des Maiforts et domaines;
de gérer la frappe et la diffusion des monnaies ainsi que de la répression de la
criminalité, de
l'inspection sur les archives, de la gestion et de la répression des troubles
sociaux, la gestion des bibliothèques et les médailles, de la signature des
actes du bureau et de la police intérieure des collèges.
Le 22 mai1742, en qualité de secrétaire de l'académie, Jacques-Annibal mit sur le bureau les projets d'inscriptions pour la statue équestre de Louis XIV et invita l'académie à en faire l'examen et le choix.
Il fut obligé en 1744 de participer par ses fonctions de prévôt des marchands
ainsi que Lieutenant criminel à la répression de la
révolte des ouvriers Lyonnais ("Les canuts lyonnais"):
"Une sédition éclata pendant les
premiers jours du mois d'août; on en tint d'abord peu de compte. Claret de la
Tourette , prévôt des marchands , rendit une ordonnance par laquelle il
défendait tout attroupement dans les places publiques, rues, carrefours et
maisons particulières de la ville , sous peine de prison pour les
contrevenants, sans distinction d'âge ni de sexe; mais l'autorité n'avait pas
les moyens de faire respecter cette mesure , et le peuple n'y eut aucun égard."
Jean-Baptiste Montfalcon
CLARET de La TOURRETTE se trouvait impuissant face à cette insurrection. Il n'avait aucune troupe royale sous la main et ne pouvait pas faire confiance à la milice des pennonages[6] qui contribuait aux troubles. Il se laissa arracher une ordonnance qu'il n'avait pas le droit de prendre, révoquant le règlement royal de la même année et rétablissant celui de 1737. Le pouvoir royal lui acquiesce, le royaume étant en guerre, on avait besoin des troupes ailleurs.
Le conseil du Roi lui donna également la commission de juger en dernier ressort une compagnie effrayante et nombreuse de voleurs assassins qui désolaient la grand'route de Lyon à Paris.
L'homme de lettres |
Ses mémoires, renfermés dans les portefeuilles de l'académie, sont nombreux, et ont pour objet l'histoire, la critique et le théâtre. M. de Fleurieu était aussi poète, traduisait des vers (1), et il fit dans sa jeunesse beaucoup de chansons agréables. Il laissa aussi beaucoup d'ex-Libris superbes. Un plan de la ville de Lyon, le plan de Séraucourt, porte ses armes.
Avant d'avoir un traitement très favorable, il eut beaucoup besoin d'argent. Il a vendu le médailler de son père le 16 octobre 1733 pour 2400 livres, et le 18 Juin 1734 il vend une maison place Louis Le Grand (actuelle place Bellecour), moyennant une somme de 75,500 livres. La maison fut destinée à servir de logement aux intendants de la généralité de Lyon. Il a aussi acheté le 16 février 1741 aux frais du consulat un diamant de 6.955 livres, afin de payer une partie de la dot de sa fille Marie Louise, qui s'est mariée le 4 mars 1745 avec Jean-Baptiste Basset de Châteaubourg, conseiller de la cour des monnaies.
Ces
dépenses s'expliquent par "le train de vie" important de Jacques-Annibal, lui
aussi passionné d'oeuvre d'Art, de livres et de monnaies et l'entretien du
château de La Tourrette. Il vend donc des collections pour en acheter
d'autres! Grand amateur de peinture, il fit d'ailleurs faire des portraits de tous ses
enfants par de grands peintres.
Jacques Annibal fut en effet un homme lettré, comme de son père, il a enrichit de façon considérable la bibliothèque et les collections dont il avait hérité.
Dès 1741 il rencontre Jean-Jacques Rousseau qui fondera avec Agathe de Fleurieu un salon littéraire. Rousseau se liera d'amitié avec le fils de jacques Annibal, Marc-Antoine Louis Claret de La Tourrette avec lequel il herborisera et tiendra une longue correspondance.
D'après l'Abbé Pernety, précepteur de ses enfants, sa bibliothèque était une des plus belles de Lyon par le choix des matières et la beauté des reliures. Son hôtel, rue de Boissac était fréquenté tant par les amateurs d'art que par des gens de passage à Lyon plus ou moins illustres.
L'Almanach de Lyon pour 1754 dit à ce sujet : « Cette bibliothèque est curieuse pour le choix des livres, la rareté des éditions et la propreté des reliures. On y trouve plusieurs tableaux des grands maîtres, un très grand nombre de portraits gravés et d'estampes des plus excellents graveurs, surtout parmi les modernes, et un recueil d'empreintes de pierres antiques des plus fameux cabinets d'Italie et de celui du roi, tirées en soufre et en cinabre qui ont la dureté et le poli des véritables pierres. »
Jacques Annibal avait non pas seulement de l'érudition mais aussi ce que l'on appelait de "l'esprit" , de la modestie et de la douceur. Il était également très pieux. Homme de petite taille, il avait dit on un accent Lyonnais fort, qui prêtait parfois à sourire.
Le premier Fleurieu est mort, en 1776 à La Tourette , à l'âge de quatre-vingt-quatre ans.
Jacques-Annibal repose en l'Eglise d'Eveux.
Portrait gravé de Jacques Annibal Claret de La Tourrette
de Joubert, d'après Liotard
Son épitaphe conservée au château de Laye, à Saint-Georges-de-Reneins, est ainsi rédigée :
« Ci-gît Mre Jacques-Annibal de Fleurieu, président a la cour des monnaies, lieutenant Criminel, ancien prévôt des marchands et commandant de la ville de Lyon, né le 12 mai 1692, décédé dans son château de la Tourrette, le 18 octobre 1776 »
.
Ex Libris de Jacques-Annibal Claret de la Tourette à gauche. A droite: Le Domaine de la Tourette.
Lexique:
[1] Cour des monnaies: ( ou hôtel des monnaies). Cliquez ICI
[2]Lieutenant criminel: magistrat établi dans un siège royal pour connaître de toutes les affaires criminelles.
[3] Sénéchaussée: circonscription administrative, financière et judiciaire sous l'ancien régime.
[4] Prévôt des marchands: Magistrat qui gérait les mesureurs de blé, les crieurs, les jaugeurs et les taverniers. On devenait prévôt des marchands à titre de fief par don spécial du roi ; le prévôt des marchands percevait les droits à payer pour la livraison et la vérification des mesures. Sous l'Ancien Régime, la fonction se rapproche de celle d'un maire. Le Prévôt des marchands de Paris est le chef de la municipalité parisienne.
[5] Jetons consulaires: ,ils servaient de carte de visite et permettaient de stocker de l'argent, ils pouvaient être en cuivre, souvent recouverts d'argent. Vous pouvez les trouver chez des boutiques numismatiques dans la "catégorie"jetons consulaires de la ville de Lyon.
[6] Milice des pennonages: Milice bourgeoise civile chargée de défendre la cité de Lyon, divisée par quartier.
Note:
(1) Il avait
traduit ainsi le fameux distique à l'Ausone sur
Didon :
« Didon , tes deux époux ont causé tel
malheurs;
L'un périt, et tu fuis; l'autre fuit, et
tu meurs. »
Il avait traduit aussi en vers français la belle tragédie de Métastase intitulée
:
La clémence de Titus; cette traduction a été imprimée dans le choix littéraire de Genève.
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