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Charles-Pierre Claret de Fleurieu et d'Entrecasteaux
Antoine Raymond Joseph Bruny d'Entrecasteaux, né à Aix en Provence le 8 novembre 1737 et mort le 20 juillet 1793 dans l'océan Pacifique.
Il était un ami de Fleurieu. Charles-Pierre décida de nommer d'Entrecasteaux son adjoint au poste de directeur des ports et arsenaux. Un malheur obligea d'Entrecasteaux à quitter cette fonction pour reprendre la mer. Nommé en 1785 au commandement de la station de l'Inde et de Chine, M d'Entrecasteaux, pendant cette première campagne trop peu connue, préluda très utilement pour la science à la mémorable campagne qui fut quelques années plus tard chargé de diriger à la recherche du comte de la Pérouse. M. d'Entrecasteaux en suivant une route resté à l'époque inconnue, se rendit en inde à Macao, d'où il adressa la lettre suivante à Fleurieu:
Le 8 Février 1787
"Je me flatte, mon cher Fleurieu, que vous serez content de la route que je viens de faire; elle est véritablement intéressante et elle a été très-pénible. vous verrez aussi par la carte que je vous envoi que nous n'avons pas fait cette campagne infructueusement. C'est sans cartes et sans renseignements que je l'ai entreprise. Je n'ai pas le mérite d'une campagne de découvert, mais j'en ai toute la peine, ou plutôt j'en ai eu beaucoup plus, parce que les campagnes de cette nature se font avec de grandes précautions, et je l'ai faite, moi, comme se font les routes les plus connues, c'est à dire en courant. La seconde partie de la route, depuis les détroits de Pitt jusqu'a l'ouest de Formose, n'est pas finie encore; j'attends les renseignements que je pourrai me procurer par les Anglais. Cette mer est si serrée d'îles et d'écueils, que ce n'est que par une réunion de journaux que l'ont peut parvenir à la connaître. Pour notre compte, nous en avons rencontré trois sur notre chemin à des latitudes et à des longitudes bien différentes; elles seront marquées sur cette carte, ainsi que celles aperçues par le capitaine Carteret et d'autres vues par un Anglais dont j'ai le journal. J'ai lieu d'espérer qu'on trouvera que je n'ai pas perdu mon temps.
Je vous écrit à la hâte mon très cher, étant au moment de mon arrivée devant Macao. Je serai dans tous les temps également empressé de me rappeler à votre souvenir. Adieu, mon cher Fleurieu; comptez, je vous prie, sur ma tendre et éternelle amitié. Je vous prie de donner de mes nouvelles à mes parents, je n'ai pas le temps de leur en donner moi même. Présentez mon tendre et respectueux hommage à M le maréchal, et assurez-le bien, je vous prie, de ma parfaite reconnaissance. Adieu de nouveau, et tout à vous.
d'Entrecasteaux."
d'Entrecasteaux.
Dans une seconde lettre datée du 12 Janvier 1789, M d'Entrecasteaux disait à Fleurieu:
"Je vous envoie, mon cher Fleurieu, la seconde partie de la carte de ma campagne; je vous en adresserai incessamment le journal. Le tout doit se trouver certainement à la direction. Mes paquets, remis à la Subtile, ont été par elle expédiés sur le Comte de Provence et sont certainement arrivés. je me flatte qu'a la réception de cette seconde partie de ma campagne je pourrai recevoir quelques témoignage de sa satisfaction. Je ne vous écris, mon cher Fleurieu, que pour cet objet. Je compte toujours sur votre amitié et sur l'intérêt que vous voulez bien prendre à moi."
d'Entrecasteaux"
La Boussole et l'Astrolabe.
Beaucoup plus tard, un décret rendu le 9 Février 1791 par l'assemblée nationale, avait prescrit une expédition pour aller à la recherche de La Pérouse, dont on était sans nouvelles. Fleurieu terminait les préparatifs et les instructions de cette expédition, confiée à d'Entrecasteaux lorsque Charles Pierre démissionna de ses fonctions de ministre de la marine et des colonies le 15 Avril.
Le Contre-amiral, d'Entrecasteaux pu finalement appareiller de Brest le 28 septembre 1791 avec les frégates La Recherche et L'Espérance.
Le fil qui conduisit le contre-amiral d'Entrecasteaux sur les traces de la Pérouse est la lettre de ce dernier daté du 7 février. Toutes les reconnaissances citées dans cette lettre forment le complément de celles qui entraient dans le plan de campagne de cet illustre navigateur. Il fut recommandé au contre-amiral d'Entrecasteaux de les faire dans l'ordre où elles étaient relatées ; et il s'y est assujetti aussi strictement que les circonstances le lui ont permis. Toutes les recherches furent sans succès.
Aucune trace de la Pérouse ne fut découverte chez les habitants des îles des Amis, les plus civilisés de tous ceux que l'on visita ; et cependant ils se rappelaient très bien le passage de James Cook et distinguaient les deux nations. Ils avaient même conservé la mémoire des Espagnols qui avaient abordé, en 1781, l'île de Yavao, voisine de Tonga-Tabou.
Il explore une vaste région de l'océan Indien et du sud du Pacifique, autour de l'Australie et de la Tasmanie en passant par la Nouvelle-Calédonie, les îles Tonga et la Nouvelle-Guinée. Il ne trouve cependant nulle part trace de La Pérouse, bien qu'en 1793 il soit passé à quelques milles seulement de l'île Vanikoro, lieu du désastre de l'expédition.
Le 20 juillet 1793, d'Entrecasteaux succombe au scorbut qui le rongeait, son expédition se soldant par une moisson de découvertes et d'observations tant géographiques que scientifiques. Son nom et celui de ses collaborateurs sont encore aujourd'hui attachés à de nombreux toponymes des côtes qu'ils ont reconnues, comme par exemple l'archipel d'Entrecasteaux au large des côtes de Nouvelle-Guinée.
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