Pierre CLARET de FLEURIEU

(né à Neuilly-sur-Seine le 11 septembre 1896 et décédé à Paris (7è) le 28 Novembre 1976).

As de la guerre de 14-18 et haut résistant.

Il épouse en premières noces le 24/12/1923 Renée TRUMET de FONTARCE née le 31/07/1899. Il épouse en secondes noces le 07/071936 Jeanne Ehrmann née le 17/08/1898 à Paris (14e) décédée le 06/10/1977 à Paris (7è).

Chevalier de la légion d'honneur, croix de guerre, sept citations.

 

 

Plaque de  Pierre de Fleurieu, mon grand oncle (le frère de mon grand-père Georges de Fleurieu).

 

LA GUERRE DE 14-18

 

 

 

En qualité de pilote de chasse de la guerre de 14-18, il a abattu 4 chasseurs allemands en 10 jours et perdit un bras.

Voici la biographie élogieuse de La Vie Aérienne:

"Pierre de Fleurieu, après avoir été un de nos as les plus remarquables, fut attaché au cabinet du Général Duval. Son nom n'a pas figuré au communiqué, mais quelques précisions donneront une idée de la bravoure de ce héros. Sous-lieutenant au 1er bataillon de chasseur à pied, il passe dans l'aviation. Lisez maintenant ces citations: "Magnifique soldat, livre son premier combat et remporte sa première victoire en abattant son adversaire qu'il poursuivit jusqu'au sol dans les lignes ennemies." "Chasseur de premier ordre. A remporté sa deuxième victoire après un combat splendide qui s'est continué jusqu'à la chute de son adversaire à plusieurs kilomètres dans les lignes ennemies". "Aussi habile que brave, a remporté sa troisième victoire en abattant un appareil ennemi après un brillant et rapide combat. A toujours fait l'admiration de ses chefs et de ses camarades par son mépris absolu du danger et son ardant désir d'être toujours désigné pour les missions les plus périlleuses." A été grièvement blessé lors d'un combat acharné contre douze avions de chasse qu'il avait attaqués avec sa fougue habituelle!"

Les dates des quatre victoires du lieutenant de Fleurieu sont éloquentes: 7 mai 1918, 17 mai, 19 mai, 29 mai. Le 29 mai le héros reçut une balle explosive loin dans les lignes ennemies et dû recouvrir toute son énergie pour regagner son terrain: l'atteinte nécessita l'amputation du bras droit."

 

Pierre de Fleurieu à gauche.

 

 

 

LA SECONDE GUERRE MONDIALE ET LA RESISTANCE:

 

Extrait du livre, la brigade RAC, page 326 à 329.

 

"LA COMPAGNIE VEZERE DE DORDOGNE CENTRE

 

Ce groupement a été formé aux Ezies, capitale mondiale de la préhistoire, au début de juillet 1944, et a été constitué par la réunion de plusieurs petits groupes, qui, depuis quelques temps, naviguaient chacun de leur côté, sans racines locales, sans armement sérieux. Il y eut, d'un côté, une section de "jeunesse de montagne", fixée au château de Marzac, chez Pierre CLARET de FLEURIEU. [...] A la mairie des Eyzies, la fusion est donc décidée et le commandement confié au capitaine de réserve d'aviation Pierre de FLEURIEU.

Personnage très pittoresque, si ses notions d'infanterie sont réduites, il apporte un prestige et une autorité immenses. En effet, camarade de Guynemer à l'Escadrille des cigognes en 1916, il était titulaire de sept citations à l'ordre de l'armée, à la suite de ses victoires aériennes, au moment où, dans un combat inégal (voir plus haut), une balle explosive lui brisa un bras que l'on fut dans l'obligation d'amputer.

 

A peine remis, il étudie un dispositif spécial pour piloter avec un seul bras, mais la victoire de 1918 le rend à ses occupations de gentleman farmer. Il porte habituellement à sa ceinture deux énormes revolvers et comme on lui demande la raison, il répond: "Vous, vous avez deux mains, moi je n'en ai qu'une et en cas de besoin je me sens ainsi plus protégé". Mais il faut l'avouer, il semble échapper du Far-West; d'une incroyable désinvolture, il répond à un brave curé un peu timide, qui lui demande s'il a bien connu Guynemer: "Morbleu! Si je l'ai bien connu! Nous avions la même maîtresse". Il est dommage de ne pas pouvoir donner le nom de cette dernière, car on verrait si nos héros de 14-18 étaient moralement aidés par les vedettes de la chanson qui suivaient le théâtre aux armées, création de l'époque."

Rol raconte:

"Le groupe fait choix d'un énorme abri sous roches occupé, dix mille ans avant nous, par des Magdaléniens qui, probablement, se trouvaient dans une situation offrant quelques similitudes. Emplacement excellent non loin de la Vézère, dont nous prenons le nom. Un seul chemin d'accès et camouflage parfait. Le commandant Schatzi, qui commande Dordogne Centre, séjourne alors près de Journiac, à quelques km et cède pas mal d'armes et de matériels. La formation militaire s'intensifie, et un bon spécialiste, Rey, apprend à triturer le plastic avec grande compétence.

Rivière de la Vézère

Singularité d'intérêt, vis à vis des groupes voisins, la compagnie est entièrement administrée par le comité de libération des Eyzies, qui se charge de tous les problèmes d'intendance et de ravitaillement. [...] Ordre nous est donc donné de garder toutes les routes allant vers la capitale de la Dordogne, de jour et de nuit. C'était la première fois que nous entendions parler de la RAC. Mais cette indication est intéressante dans ce sens qu'une certaine coordination a été établie à cette occasion, et le fait est rare. Nous avançons donc vers Périgueux et y  parvenons au lendemain de sa libération.

Le capitaine de FLEURIEU se présente au P.C départemental; il lui est demandé de se mettre à la disposition de la RAC, dont le 2e bataillon est amputé d'une compagnie, celle de Châlus qui l'a quitté. Mais le régiment RAC ne s'est pas attardé et se trouve déjà aux avancées de l'Angoulême. Nous prenons donc cette route et la compagnie Vézère arrivera à temps pour participer au ratissage du terrain devant Grapillet et atteindre les casernes de l'avenue de Périgueux. Charras est un des cantonnements de Vézère et, comme le P.C de RAC s'y trouve également, FLEURIEU demande à présenter son unité.

Vallée de la Vézère

Vers 11 heures du soir, entouré d'un état major qui nous semble somptueux, RAC arrive sans être annoncé. Pierre de FLEURIEU a beaucoup d'entregent, et parle beaucoup sans parvenir à tirer un mot des lèvres de RAC qui d'ailleurs, a un besoin urgent de sommeil. Nous voilà tout à fait songeurs et inquiets. FLEURIEU croit ensuite apporter du réconfort en nous disant: "RAC est Lorrain, et c'est comme vous savez une race un peu taciturne". L'explication ne nous satisfait qu'à moitié, et nous nous endormons en nous disant que, il nous faudra modérer quelque peu l'abondance de nos propos. C'est un peu dommage pour quelques-uns d'entre nous.

Le lendemain, nous trouvons le commandant VIEUGEOT dans une école à "ma campagne", au sud d'Angoulême; accueil très cordial. Tout l'après midi, nous exposons nos besoins et nos problèmes, tandis que VIEUGEOT parle des difficultés actuelles de son unité. Au moment de prendre congé, VIEUGEOT explique que l'une de ses compagnies se trouve en difficulté, car son chef n'est plus accepté par ses hommes et elle s'en trouve désemparée. "Il faut que vous m'aidiez lance-t'il à Fleurieu en me cédant l'un de vos officiers! Vous avez un très bon encadrement et cela ne peut vous gêner. Celui que je veux, c'est celui là, le lieutenant de chasseur alpins qui est avec vous". Un jour se passe, FLEURIEU voit de nouveau VIEUGEOT seul et en revenant explique à  son subordonné qu'il n'est pas possible de refuser cette demande, car il y va de la vie de 170 hommes, ROL est très loin d'être chaud car il a scrupule à abandonner les jeunes qu'il a personnellement amenés, et, d'autre part, il sait qu'un cadre muté dans une unité qui ignore tout de lui est rarement bien accepté dans la période présente. Après de nouvelles insistances, il finit par accepter. Mais jusqu'au dernier repas en commun des officiers du régiment, en Allemagne, le 12 novembre 1945, il ne sera pas mis au courant de se qui s'est réellement passé. Ce soir là donc, VIEUGOT souleva une énorme vague d'hilarité en révélant que le Lieutenant ROL a été échangé contre trois fusil mitrailleurs remis par VIEUGEOT à VEZERE.

 

Au cours d'une reconnaissance sur Marennes, Pierre de FLEURIEU et Gilles SERMADIRAS, qui connaissait bien Roland CLEE, trouve son bataillon un peu en l'air, dans cette région, les boches ayant débarqué d'un côté au fort de Chapus, et d'importants mouvements de troupes allemandes vers la Tremblade faisant craindre un autre débarquement. La compagnie Vézère se joint alors au bataillon Roland, momentanément. Mais ce provisoire durera jusqu'à la fin de l'année, date à laquelle Roland autant que Vézère viendront rejoindre le 2e bataillon RAC que je commande provisoirement. Tout le monde se retrouve donc en parfait état. Gilles SERMADIRAS commandera la CB2 et fera un excellent officier de renseignement jusqu'à la fin de la guerre.

Vers le 12 septembre, toutefois, cantonné à la Cayenne, Vézère est intrigué par d'incessants mouvements de troupes allemandes de l'autre côté de la Seudre à un kilomètre environ. Cette circulation en plein jour à quelque chose de provocant. FLEURIEU fait donc mettre en batterie tous les fusils mitrailleurs et ordonne un tir nourri. Les résultats paraissent excellents mais FLEURIEU est méfiant, et dès la fin du tir il a ordonné l'ordre de bondir sur les pelles et sur les pioches.

En peu de temps une profonde tranchée est creusée; si profonde, les jours suivants, que les hommes n'arrivent plus à atteindre les banquettes de tir. Vézère est sauvé, car durant trois jours les batteries allemandes de JAFFES s'en donnent à coeur joie sur le village, d'abord avec des obus de mortiers, du 77 et 105, enfin 14 obus de 240 aux détonations fort impressionnantes. Il n'y a pas un seul coup au but sur la tranchée, et même pas une égratinure.

Le moral est au plus haut point. De la fin de septembre à la fin de décembre, Vézère gardera un large front de marais entre Artouan et Mauzac; Ensuite, en entrant au 50e, les cadres et les hommes sont répartis selon leurs capacités."

 

Voir la biographie d'une autre figure de la résistance chez les Fleurieu: Tatiana CLARET de FLEURIEU Lieutenant des FFL et déportée.

 

 

APRES LA GUERRE

Co-fondateur et  1er directeur général de la compagnie aérienne Franco-roumaine CIDNA qui participera à la création d'Air France. Il a été obligé de vendre le château de Marzac en raison de cette dernière aventure. Ses mémoires ont été publiés.

 

 

 

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