Le château de Dangeul
Arthur, comte Claret de Fleurieu
(1831 1898) épousa Pauline de Gallwey (1851-1888) le 12/8/1870, docteur ès sciences, maire et conseiller
général.
Celui-ci acheta Dangeul à son beau-père, le comte de Gallwey.
Arthur de Fleurieu eut deux enfants : Roger et Edouard.
Le Comte Roger de Fleurieu
Roger comte de Fleurieu, né en 1873, conseiller d'arrondissement en 1913,
ensuite conseiller général de 1919 à 1944, donc en tout pendant 31 ans, maire de
Dangeul pendant 40 ans de 1904 à 1914, épousa en 1900 Élisabeth de Froissard de
Broissia.
Il eut 4 enfants.
1. Solange, Mme de Largentaye.
2. Marie, comtesse de Saint-Victor.
3. Marguerite, comtesse d'Orglandes.
4. Paule, comtesse de Goulaines.
(2) Édouard de Fleurieu, commandant de cavalerie, né en 1875, marié à Antoinette
Silhol, veuve de M. Paul Delbet, mort sans enfant en 1912.
ANECDOTE HISTORIQUE.
La bataille du château de Dangeul (10 août 1944).
Au moyen-âge, Dangeul était une position clef ouvrant sur le Mans et que le
château fut longtemps une forteresse, un bastion plus qu'un château de
plaisance.
Après dix siècles, par un curieux retour des choses, le château de Dangeul
devait récemment reprendre ce rôle durant les combats de la Libération. Le
château et ses communs étaient en effet remplis de troupes allemandes.
Les terribles S. S. étaient commandés par un colonel à tête d'assassin du nom de
Becker. Celui-ci avait caché ses tanks sous les grands arbres entourant
immédiatement le château. Le 10 août au matin, l'arrivée des américains fut
précédée de faits particulièrement dramatiques. M. de Fleurieu trouva son
vestibule tout maculé de sang, puis il apprit que quatre allemands avaient été
tués par des nègres prisonniers. M. de Fleurieu, maire, fut tenu pour
responsable de ce massacre et consigné dans son château. Vers 3 heures de
l'après-midi, il s'enhardit et sortit pour voir à ses chiens. Les écuries de la
ferme flambaient : « C'est moi qui ai fait mettre le feu, rugit Becker : si vous
y allez voir, je vous fais fusiller immédiatement »
Vers 5 heures du soir, l'avant garde-américaine arrivait en vue du château par
le bas du parc, en l'occurrence trois ou quatre chars venant de Nouans. Les
tanks américains tirèrent aussitôt à coups de canons sur leurs partenaires
allemands. La bataille devait durer trois ou quatre heures. Sous les arbres,
trois ou quatre tanks, les camions allemands remplis d'essence, la cuisine
roulante, les autos se mirent à brûler. Il y avait une quarantaine de voitures
devant la pelouse. Deux transports de munitions sautèrent... Après un affolement
compréhensible, les S. S. se ressaisirent et détruisirent trois chars américains
dont tous les occupants furent grillés à l'intérieur. Vers 10 heures du soir,
tout était terminé. Les allemands, en vociférant, s'étaient enfuis à pied en
récupérant le matériel et les tanks encore intacts. Lorsque M. et Mme de
Fleurieu sortirent de leur château sous lequel ils croyaient bien être
ensevelis, tout flambait autour d'eux, la ferme, des tas de bois, les arbres, le
matériel des allemands, les tanks américains.., tous les carreaux des fenêtres
du château étaient tombés, les murs étaient endommagés. Le lendemain matin, vers
8 heures, l'armée Leclerc, venant de Mézières où elle s'était battue, occupait
définitivement Dangeul.
M. le comte de Fleurieu, à l'endroit où l'un des chars américains fut détruit a
fait élever une stèle qui porte ces mots :
"A LA MÉMOIRE DES SOLDATS FRANÇAIS ET AMÉRICAINS MORTS A DANGEUL LE 10 AOÛT 1944
POUR LA LIBÉRATION DE LA FRANCE."
M. Roger de Fleurieu est l'auteur d'un Joseph Caillaux au cours d'un demi-siècle
de notre histoire, Paris, Clavreuil, 1951, et de Souvenirs l'un gentilhomme
campagnard.