Avenue Kléber.

 

En contrepoint de notre existence campagnarde, il y avait nos six mois à Paris.

Après la mort de mon grand-père Henri de FLEURIEU, son hôtel de NEUILLY avait été loué à la princesse YOURIEVSKI veuve morganatique de l'Empereur de Russie Alexandre II.

Mais cet hôtel était dans l'indivision entre mon père Robert, son frère Alphonse et sa soeur Blanche qui avait  épousé le comte Henry de MONSPEY.

Aussi les parents avaient loué 24 avenue Kléber un vaste appartement, très clair et ensoleillé.

Dans la grande galerie où la chaise à porteur de la grand-mère RENNEPONT servait de vitrine, s'ouvraient les portes: à gauche du grand salon, du petit salon et du fumoir - à droite de la salle à manger et de la salle d'études autrefois un billard.

Deux longs couloirs parallèles desservaient l'un six chambres pour nous, avec une unique salle de bains et l'autrre, celui de la cuisine reliait les pièces du service.

Nous, les enfants, aimions beaucoup le fréquenter les jours de grands dîners ou de réceptions, à cause des plateaux de petits fours de REBATTET qu'on y entreposait.

Nous avions de grands balcons l'un donnant sur l'avenue dans laquelle nous voyions passer l'omnibus, puis le tramway "La Muete rue Taitbout"

En face de nous s'élevait le Palais d'une vieille Reine d'Espagne Isabelle II en exil - Un lierre poussait le long du mur qui bornait le jardin et Maman, rêveuse, disait: "quand il atteindra le faîte du mur, Pierre sera grand!"

Pierrot grandit, mais pas le lierre... parce que la vieille Reine mourut et, suivant la coutume espagnole son corps fut exposé sur un lit de parade très haut.

Mais on coupa bientôt le lierre, on démolit le Palais et le mur l'Hôtel Majestic, qui le remplaça fut construit sous nos yeux, pour notre plus grande distraction, à Pierre et à moi.

Du côté de la cour, il y avait d'autres attraits, la rue Lauriston, moins élégante que l'avenue, avait une forte côte un marchand de chevaux s'en servait comme terrain d'essai des chevaux qu'il désirait vendre et qu'il faisait galoper à grands claquement de fouet devant l'acheteur éventuel.

Une autre occasion de voir les chevaux, était de passer à l'emplacement actuel de KLEBER-COLOMBES, devant le loueur de chevaux et voitures.

Une grande tête de cheval, dorée, lui servait d'enseigne, et les gens qui n'avaient pas de voiture à Paris qu'on entendait depuis la rue Lauriston, les chanteurs qui venaient pousser la romance dans la cour de la cuisine.

A tous les étages, les cuisinières étaient à leur fenêtre les sous tombaient en réponse à l'appel: "A vot'bon coeur M'sieurs Dames" mais nous n'étions pas encouragés à écouter ces concerts.

Un jour, au lieu des becs de gaz Papillon, nous eûmes l'électricité. Une autre année le téléphone devant lequel, papa, si courtois, ne pouvait s'empêcher de joindre les talons et de faire de petits saluts quand la correspondance était une femme!

Une autre année encore la première auto remplaça les chevaux - on acheta un moteur MORS et on le fit carrosser par AIGNER - Les ateliers étaient tout près, rue de Villejust, et papa m'emmenait avec lui quelques fois, pour l'écouter discuter formes et couleurs, cuirs des coussins et discrètes armoiries des portières.

Quand l'auto fut livrée, il y en avait si peu en service que c'était encore un sujet de curiosité. Le dimanche, au Pré Catelan, où nos parents nous menaient prendre l'air; on goûtait au restaurant et lorsqu'on voulait reprendre sa voiture un aboyeur prenait son mégaphone et appelait: "Le chauffeur Adrien, de l'Avenue Kléber" ou "le chauffeur Joseph de l'avenue Marceau". Il n'y avait pas de confusion possible.

Pour les études Pierre allait à Gerson, à Janson pour les classes; moi j'était au petit cours de Mademoiselle FOREY digne vieille demoiselle fort érudite, fille du général qui avait fait la malheureuse campagne du Mexique.

On apprenait l'histoire ancienne, l'art poétique (par coeur), le Français et le calcul comme partout. La récréation se passait à poser des devinettes instructives "Pourquoi les Carthaginois portaient-ils des gants?" Réponse: "Parce qu'ils craignaient les Romains. (L'air aux mains) Atroce!

Plus tard, j'ai suivi le cours Désir jusqu'à mon brevet-élémentaire et l'institut de la Madeleine jusqu'à mon premier Baccalauréat.

La maison était nombreuse avec le personnel habituel de l'époque: Maître d'Hôtel, Valet de Pied, première et deuxième femmes de chambre, Cuisinière et Cocher, transformé plus tard en chauffeur.

A cela s'ajourait l'âge des enfants nourrice, gouvernante ou institutrices et plus tard, Monsieur l'Abbé, le précepteur.

C'était la douceur de vivre d'avant 1914. Comme trop chaud à Marzac l'été, nous passions tantôt en Suisse, tantôt au bord de la mer ou dans une ville d'Eaux, de charmantes vacances, pendant lesquelles les domestiques avaient congé et la maîtresse de maison également.

Car ce n'était pas une sinécure de diriger un personnel complet, de vérifier leurs comptes d'éviter leurs querelles et de surveiller le travail de chacun.

La vie mondaine avait des servitudes très strictes il fallait rendre des visites être assidue au "jours" des cousines, tantes, amies ou autres relations. Recevoir soi-même, courir les expositions d'Art et de conférences, les couturiers et les modistes mener ses enfants aux leçons de danse (de S.A.R Madame la Duchesse de Vendôme, soeur du Roi Albert 1er de Belgique) sans négliger pour cela les ventes de charité et autres oeuvres nécessaires.

A ce propos, il parait que Maman devait se rendre au fameux "Bazar de la Charité" qui brûle en faisant tant de victimes. Elle avait refusé d'y tenir un comptoir, parce qu'elle attendait ma naissance, et se trouvant fatiguée ce jour là; elle n'y était même pas allée pour acheter.

Le téléphone n'existait pas encore, et son mari croyait qu'elle devait s'y rendre et passa des heures dans une mortelle inquiétude craignant de la voir parmi les victimes, avant de la retrouver sagement à la maison.

Il nous était né une adorable petite soeur quand j'avais 7 ans; un délicieux bébé aux immenses yeux bleus, qu'elle a encore aujourd'hui, grâce à Dieu.

Sa naissance avait coïncidé avec la visite d'Alphonse XIII à Paris,et, ce devait être une habitude de famille, celle de mon frère Pierre avec le passage du Tsar de Russie en 1896. La mode était à l'entente cordiale, depuis qu'Edouard VII avait succédé à la Reine Victoria.

Aussi, les gouvernantes autrichiennes firent place aux urnes et nursury, governesses anglaises, qui avaient leur club le "Girls Firend Gy Society" avenue d'Iéna et leur église anglicane de "Saint-Georges" dans le quartier.

La soeur de maman, Madeleine, Marquise de NADAILLAC habitait rue Boissière, l'oncle Pierre DOYON aussi et tante Marie de La Bretonnière, bd Haussmann. L'oncle Jean de Saint-Victor avenue d'Eylan et l'oncle Jean de FLEURIEU rue Dupont des Loges et tous venaient souvent à la maison.

Maman avait son jour le jeudi. La maison prenait son air de fête, le maître d'Hôtel se mettait en habit, le valet de chambre en livrée avec boutons armoriés. Les bouquets embaumaient le petit salon rouge Louis XVI communiquait avec le grand salon par des portes en glace qui, ouvertes rentraient dans la boiserie, et les coups de sonnette retentissaient - nous causant quelques distractions quand, de la salle d'études nous essayons de voir par une fente de rideaux "qui c'était!"

En dehors du cours FOREY nous avions des cours de solfège, des leçons de piano, de gymnastiques suédoise c'était le menu ordinaire.

Mais le dessert c'étaient les leçons de danse avec les enfants d'amis, d'abord chez Soria, un vieux professeur très solennel, puis avec Paul RAYMOND ( de l'opéra) qui devait être le Jacques CHAZOT de l'époque, avec le groupe choisi par S.A.R Madame la Duchesse de Vendôme pour entourer ses enfants.

La princesse Marie-Louise était de peu mon aînée. Ma cousine Odette de NADAILLAC avait l'âge de la princesse Geneviève et ma petite soeur Simone était la contemporaine du charmant petit garçon aux cheveux blonds bouclés qu'était alors Monseigneur le Duc de NEMOURS.

C'était très élégant, on apprenait, par les soins des Dames d'honneur Mlle BOYER de BOUILLANE et Mlle de SAINT-EXUPERY, quel gant il fallait ôter pour faire sa révérence à Mme et nous étions amusées de voir nos mamans autour de son Altesse Royale quand elle tenait son cercle en s'adressant à chacune par son titre. Chère Marquise est-ce aussi votre avis? Qu'en pensez-vous Comtesse? et chacune des interpellées de répondre par une belle phrase à la troisième personne, ce dont elles n'avaient guère l'habitude.

Mais voyons, disait tante Madeleine tu n'as qu'à t'imaginer que tu es sa cuisinière!

Nous étions naturellement très fières d'approcher les Princesses qui étaient simples et charmantes.

Les réceptions auxquelles nous avons été invitées, soit avenue Borghèse à Neuilly, soit dans l'ile du Bois, louée pour la circonstance et où n'abordaient que les invités de "Madame" m'ont laissé d'impérissables souvenirs.

Mais tout n'était pas frivolité, nos catéchismes à Saint-Pierre de Chaillot, avec l'Abbé LOUTIL (plus tard Pierre l'Ermite) puis à notre paroisse Saint-Honoré d'EYLAN étaient fidèlement suivis. Les "analyses" comptes-rendus des instructions religieux, soigneusement recopiés sur un papier spécial encadré de bleu, avaient leurs feuillets reliés par des flots de faveurs. Beaucoup d'institutrices les rédigeaient elles-mêmes, pour la gloire de voir leur élève obtenir le cachet d'Or. il y avaient une graduation qui passait par les cachets verts, rouge, argent et or.

Après ma première communion et la confirmation donnée par norte ancien Curé, devenu évêque de MEAUX, Monseigneur MARBEAU ce fut le catéchisme de Persévérance, les ouvroirs chez les auxiliatrices de la rue Jean GOUJON, et la vie d'une jeune fille très protégée jusqu'à ce tragique 2 août 1914.

J'entends encore en juillet 1914, le bon Docteur Antoine FLORAND, médecin de Clémenceau et, accessoirement, des FLEURIEU dire à papa: "Mais non, Monsieur de FLEURIEU, il n'y aura pas la guerre, les Allemands ne sont pas fous!"

Ce qui fut bientôt démenti par les affiches blanches aux drapeaux croisés de la mobilisation. Pierre avait 17 ans, aussitôt son bachot passé il voulut s'engager dans un régiment de dragons le 16ème à Tours et fit Saint-Cyr. De là il passa aux Chasseurs à Pied 1er  bataillon commandant LEBLEU et fit une guerre très dure, très périlleuse qui lui valut une première citation. Il demanda ensuite à être détachée à l'Aviation conquit rapidement son brevet de pilote de chasse, abattit trois avions ennemis dans les trois premiers mois de l'escadrille et fut enfin descendu en 1918 lors d'un combat aérien pour dégager un camarade attaqué par plusieurs avions adverses.

Il reçut dans le bras droit une balle au phosphore entrée au poignet et sortie au coude broyant les os. Soigné à l'ASTORIA (maintenant l'immeuble de Publicis) il ne pu éviter la gangrène gazeuse et il fallut l'amputer. Energique et robuste cette mutilation ne l'empêcha pas de recommencer à piloter, de jouer au tennis, de nager et d'être un très séduisant garçon.

Je n'oublierai jamais le jour de l'armistice du 11 novembre 1918, où je l'ai vu revenir avec dans le bras qui lui restait un faisceau de drapeaux alliés destinés à pavoiser le balcon de l'avenue Kléber. Si crâne et si svelte dans son uniforme de lieutenant de chasseur à pird avec son ruban de Croix de guerre chargé de palmes et sa toute neuve Légion d'Honneur.

Mais pendant qu'il faisait la guerre, il nous était né un autre petit frère, en 1916, Georges Henry, mais Henry tomba vite en désuétude et Georges fut un délicieux petit garçon, la consolation de Maman qui devint veuve alors qu'il avait cinq ans.

Ce malheur arriva en 1920 à La Brunerie, la propriété qu'avait notre grand-mère de GAILHARD près de VOIRON dans l'Isère.

Contrairement à l'habitude nous étions ni à Marzac ni à Paris maman ayant voulu aider ma grand-mère qui était déjà âgée.

Papa souffrait beaucoup de ne pas être chez-lui, mais il ne paraissait pas malade...il avait une grippe banale et, le matin de Pâques, 4 avril 1920, une embolie l'a emporté en quelques minutes.

Comment dire en quelques mots toute sa bonté sa bienveillance, son amabilité, son dévouement.

Tout le monde l'aimait et le respectait, très cultivé il savait trouver avec chacun, un terrain d'entente et faire briller son interlocuteur, lisant dans le texte le grec et le latin, parlant allemand, anglais, italien, expert en bibelots, céramiques et meubles anciens bien souvent les antiquaires; même connus lui demandaient et suivaient ses avis. Son goût des belles choses nous a valu à mes frères, soeur et à moi, un précieux héritage que nous ne pourrions jamais acquérir aujourd'hui.

Enfin, il était adoré de nos paysans de MARZAC avec lesquels il causait en patois; introduisant chez-eux les charrures BRABANT, les engrais, les méthodes, nouvelles alors, d'agriculture.

Il était secrétaire bénévole de la société des agriculteurs de France, section du génie rural.

Lorsque son cercueil fut ramené à Marzac, les paysans avaient convenu d'allumer des feux sur les collines quand le fourgon mortuaire arriverait en gare des EYZIES. Ainsi prévenue toute la population lui a fait cortège jusqu'à MARZAC où il fut déposé à la chapelle du château, pendant que le caveau du cimetière de Tursac était construit.

En effet, les tombes de notre famille CARBONNIER de MARZAC étaient à FONTPEYRINE, petit Sanctuaire d'une Vierge miraculeuse vénérée dans le pays, et situé au milieu des bois de châtaigniers presque sans chemins praticables pour y accéder.

A la mort de papa, j'ai cru ne pouvoir jamais plus être heureuse, car je l'aimais et l'admirais éperdument.

J'avais 22 an; pendant l'année précédente en 19198. J'avais fait mon entrée dans le monde et m'y étais beaucoup amusée dansant avec tous ces jeunes officiers réchapp&s de la guerre beaucoup, entrés à Saint-Cyr avant 1914 y étaient revenus pour compléter leur instruction militaire et on me surnommait "la demoiselle de Saint-Cyr". Mais notre deuil avait mis fin à cette période joyeuse et j'avais appris que l'on oublie vite à Paris.

Mais j'ai eu le bonheur de rencontrer Jacques de LAMOTTE; de me fiancer avec lui en 1921 et de l'épouser en 1922 pour ne jamais le regretter un seul jour de notre vie commune.

Jacques sortait de l'Ecole Centrale des Arts et Manufactures reçu avant la guerre, il y était retourné pour une année qui manquait à sa formation d'ingénieur.

Mes fiançailles et mon mariage ramenèrent du bonheur, avenue Kléber, mais bientôt, il fallut renoncer à ce trop grand logis.

Nous étions Jacques et moi, envoyés au Mans, puis en Italie et maman acheta, au moment du mariage de Simone avec Ferdinand RIANT, un charmant appartement pour elle et Georges, avenue Frédéric Le Play.

Comme elle avait souscrit avant que les travaux soient terminés, elle avait pu éviter la banalité, placer les cloisons d'après ses goûts, faire monter une belle cheminée ancienne, surmontée d'un trumeau dans son salon.

La vue donnait sur le champ de Mars, par dessus les petits hôtels qui le bordaient et c'est là qu'elle vécut longtemps, entourée de notre affection à tous. Il était bien rare qu'elle n'ait pas, chaque jour, la visite de Simone, ou la mienne ou encore celle de nous deux.

Quand son âge la priva des grandes promenades, elle qui trotta toute sa vie d'un pas si vif et si léger, le champ de Mars devin son parc favori.

Nous lui amenions les enfants, et comme elle aimait beaucoup les géraniums de son balcon, il lui arrivait d'envoyer un petit fils muni d'une pelle pour ramasser une magnifique livraison de crottin déposée par un cheval (il y en avait encore quelques uns dans Paris) et qu'elle destinait à ses chères plantes.

C'est chez-elle que se réunissait la famille - DOYON - SAINT-TRIVIER - NADAILLAC - LA BRETONNIERE - les jours de Premier janvier et c'est là qu'elle mourut sans avoir eu d'autres maladie qu'une très légère attaque, passée presque inaperçue. Elle avait 80 ans.

Souvent je réalise l'immense changement qui s'est produit entre l'avant et l'après guerre tant en 1914-1918 qu'en 1939-1945.

Jusqu'en 1920, maman ne sortait jamais avec plus de quelques francs dans son porte monnaie pour donner quelque chose à un mendiant ou acheter un bouquet de violettes.

Pourquoi faire? puisque son chauffeur l'attendait dans la cour de l'avenue Kléber. Un signe par la fenêtre de l'escalier, et Joseph venait avec la voiture, la cueillir sous la voûte. Pas question de mouiller ses jolis petits souliers qu'elle faisait faire par ROBAT, son bottier, et qu'elle payait jusqu'à 40 francs, une folie!

Ensuite, dans les grands magasins on pouvait faire livrer "à condition" et à domicile tout ce qui vous passait par la tête, quitte à renvoyer ensuite les trois quarts de ces achats, qui, à la réflexion, paraissaient superflus.

C'était une pratique bien abusive, et je me souviens d'avoir plaint le malheureux livreur qui venait de monter nos cinq étages, chargé comme un baudet, condamné à redescendre presque toute cette marchandise.

Au moment du jour de l'An Monsieur Emile, notre concierge, sa casquette à la main "présentait ses voeux respectueux pour Monsieur le Comte et toute sa famille". On le gratifiait d'une étrenne dont il était congrûment reconnaissant!

Aujourd'hui, je glisse dans la boîte aux lettres de ma "gardienne d'immeuble" une enveloppe contenant, pour ses étrennes, quatre fois le loyer annuel de notre appartement de dix pièces avenue Kléber. Hélas! Ce ne sont plus les mêmes francs! - et l'idée ne viendrait même pas à cette digne Espagnole de me dire merci.

 

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